exercices de philosophie

samedi 1 décembre 2007

Djooh - Désaccord - Nouvel Album

djooh.musicblog.fr
Nouvel Album de

DJOOH
DéSACCORD

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jeudi 29 mars 2007

Descarte - troisième méditation

2007_03_29_paraphrase_de_la_troisi_me_m_ditation

Paraphrase de la troisième méditation.

 

De Deo, quòd existat.

1. Claudam nunc oculos, aures obturabo, avocabo omnes sensus, imagines etiam rerum corporalium omnes vel ex cogitatione meâ delebo, vel certe, quia hoc fieri vix potest, illas ut inanes & falsas nihili pendam, meque solum alloquendo & penitius inspiciendo, meipsum paulatim mihi magis notum & familiarem reddere conabor. Ego sum res cogitans, id est dubitans, affirmans, negans, pauca intelligens, multa ignorans, volens, nolens, imaginans etiam & sentiens ;

De Dieu ; qu’il existe.

JE fermerai maintenant les yeux, je boucherai mes oreilles, je détournerai tous mes sens, j’effacerai même de ma pensée toutes les images des choses corporelles, ou du moins, parce qu’à peine cela se peut-il faire, je les réputerai comme vaines et comme fausses ; et ainsi m’entretenant seulement moi-même, et considérant mon intérieur, je tâcherai de me rendre peu à peu plus connu et plus familier à moi- même. Je suis une chose qui pense, c’est-à-dire qui doute, qui affirme, qui nie, qui connaît peu de choses, qui en ignore beaucoup, qui aime, qui hait, qui veut, qui ne veut pas, qui imagine aussi, et qui sent.

Descartes, troisième méditation métaphysique, traduction du duc de Luyne


L’examens que j’ai mené dans les méditation doit m’avoir conduit à remarque que si je veux continuer dans ma démarche de découverte d’une vérité fondatrice, je dois d’abord vouloir ne pas tomber dans l’erreur qui consiste à croire ce que je vois, je dois donc me fermer les yeux et me boucher les oreilles, afin de sentir le moins possible, je dois ensuite ne pas penser à mes sens, éviter de les croises, parce que le peux qui me vient d’eux est encore trop : je veux aboutir à ne rien recevoir d’eux. Je les ais donc attaqué d’abord sur leur terrain, en utilisant mon corps pour me boucher les oreilles, puis j’ai utilisé une volonté moins, en asseyent de ne pas penser à eux de me détourné d’eux, mais il reste encore quelque chose : je ne parviens pas à ne pas croire un peu en eux. Je n’y parviens pas ? Vraiment ? hé bien je vais faire exprès de ne pas les croire, je vais, alors même que je crois spontanément en eux, je vais me forcer à suivre la conclusion de mon raisonnement précédent dans lequel j’ai observé que les sens me trompe parfois et qu’il n’est pas prudent de faire confiance à ce qui nous a une fois trompé. Je vais affirmer, envers moi-même que tout ce qui me vient des sens est faux. En faisant ça, tout ce que je peux savoir me viens de l’intérieur, puisque je me suis paré de tout ce qui me vient de dehors, et peut-être y a-t-il un dehors qui me parle par le dedans, d’un langage qui me toucherais l’âme sans passer par mon oreille, mais cela je ne le sais pas encore. Mon intérieur ici, avec lequel je m’entretiens, c’est ce qui n’est pas concerné par le problème que pose les sens. Je m’entretiens souvent avec moi-même, en ce moment même, je prépare mes phrases devant mon interlocuteur. De lui je ne sais pas grand choses, il est comme une présence qui me juge, je sens son avis comme on sent celui d’un ami muet : par la façon dont il, dont je me regarde. Si je suis content de moi, la plupart du temps c’est bon signe (enfin, souvent je dis : je suis content hein !et sans attendre de réponse je continue sur ma lacé, souvent c’est pour me détourner de ma voie. Dois-je donc écouter ce guide intérieur ? Je dois plutôt le considérer. Comment ? Je devrais en quelque sorte prendre sa place ? Jouer son rôle ? Mais c’est que ma métaphore est imparfaite : cet « autre » que j’évoquais à l’instant est plus mois même que moi-même, et l’aimable bavard qui tente de justifier devant le juge supérieur de ma plus grand intimité, celui-là est encore un peu trop mécanique, il parle vite et sans réfléchir, ou trop peu, il (et je devrais écrire « je ») il répète ses arguments, en essayant de se rassurer. Mais le grand juge est là, et parfois, en écoutant je renonce à avancer – je sens tellement que jamais il ne sera satisfait ! Et parfois me détachant de lui j’avance, mais alors si je par trop loin gare ! Quelle souffrance alors quand je me sens coupable ! Bon hé bien dans ce méli-mélo de personnage je dois mieux me connaître, me rendre familier à moi-même. Mais quoi ? Certes, j’ai le texte de Descartes. Mais en songeant un peu librement, n’ais-je pas beaucoup parlé, et donné une un dialogue entre un je et un moi ? Un dialogue enflammé, un dialogue qui me semble être ma vie même, dont l’issue parait l’enjeu de mon existence ? Et Descartes ne me parle plus de cela ! Rattachons notre discours à lui : je suis une choses qu pense. Penser, c’est affirmer et nier, connaître et ignorer, aimer et haïr, vouloir et refuser, imaginer et sentir. Quatre couples, quatre forces opposées dont on sent qu’elles sont toujours un peu active les unes par rapport aux autres. Mais revenons un peu en arrière, sur un point qui m’a inquiété : ce vois avec laquelle je me parle à moi-même, c’est un rêve sonore, c’est une image de ma bouche articulant, d’ailleurs je sens presque ma langue bouger sur les consonnes. Ce moi qui parle, est-ce encore une image ? Il me faut bien avouer que oui : j’entend trop mon bon sens rire de moi quand je veux affirmer que ces mots c’est vraiment moi qui les dits, car j’ai envie de dire : je suis tout à fait maître de moi. Je sens bien cette tentation, et je vois que pourtant tout est contre elle. Alors quoi, mes mots sont des images ? je le savais déjà. Je les entends en moi. J’en comprends le sens, et c’est cela qui importe. Comment ? Peu importe dis-je. Je comprend et sur eux je peux affirmer, comme si par un outils je pouvais sculpter la chose à mon idée ; le langage est peut-être faillible, il y a une sens que je perçois et sur lequel mon jugement s’exerce : je peux affirmer ou au contraire nier. Je peux aussi suspendre mon jugement comme je le fais en ce moment vis à vis de mes sens, selon Descartes. Mon attention la plus intérieur, la plus critique, la plus sévère, la plus sensible et la plus aimante, celle qui seul connaît – tandis que mon langage manipule mon savoir comme un calculatrice, sans y regarder ; cette attention n’est pas tout à fait mobilisé en même temps et sur tout, contrairement à ce qu’il m’a semblé dire tout à l’heure. « Mais peut-être pensais-je à autre choses » me suggère ma vanité. J’ai pu percevoir sans juger. Je ne sais plus trop. Finissons–là : le sommeil viens, il est tard et demain m’attend, tout comme Monoprix.

 

Je veux remercier mes deux maîtres de la soirée : lui et Alain. De Descartes, on en vois assez ce que j’en lis ; d’Alain il me faut citer ceci, en espérant de donner à un éventuel lecteur l’envie de lire la note du premier chapitre de ses éléments de philosophie, puis du chapitre lui–même, qui ne nuit pas, contrairement à bien des sottises dont on nous abreuve – et je crois que cet éclat de colère est assez justifié et assez sain pour n’être pas caché – bref voici le mot d’Alain : « Conscience, voilà une notion fort difficile et que vous abordez aisément par ce chemin-ci. Toutefois vous devez vous exercer au petit jeu de moi et toi. Ce n'est nullement difficile et c'est assez amusant. C'est une préparation qui importe beaucoup dans votre présent travail. Je vous suppose en face d'un sujet fort difficile et je parie qu'à exposer seulement ce que, vous, vous en pensez, sentez et pressentez, vous ferez un excellent travail; j'ai vu cette méthode essayée par un paresseux qui avait du talent. Les résultats furent très brillants. Car ce que vous pensez d'un sujet mal connu peut être faux ou douteux ; toujours n'est-il pas douteux que vous en pensiez ceci et cela. Pour vous fortifier ici, c'est Descartes qu'il faut lire ; d'abord le Discours de la Méthode jusqu'à Dieu, ensuite les Méditations, et vous verrez comment on va fort loin en pensant seulement ce que l'on pense. »

 

Maintenant voici la petit histoire : je n’avais rien envie de faire ce soir ; j’ai lu ce passage, je me suis dit : vas lire les méditations. La troisième m’interpelle depuis longtemps :la démonstration de l’existence de Dieu ! Il y eut un instant de débats pour savoir s’il ne valait pas mieux commencer par la première, j’ai décidé que j’en savais assez d’elles pour l’instant. Mon débat fut conclu, et je pourrais en dire que j’ai voulu suivre le très beau très haut conseil de Saint Augustin « Dilige et fac quod vis ».

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jeudi 22 mars 2007

Djooh - Où va-t-on

djooh1


Pour écouter ? ben c'est facile : ça démarre tout seul avec dewplayer !

1 partir  -  2 état d'urgence  -  3 mélo indica  -  4 medley hip-hop "bienvenue" et "trop de gens pense que"

Points de vente :

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  • à Vanne : à l'espace temps du poulfanc
  • à Lorient : à la Fnac
  • à Compiègne : au cervoisier, à compiègne musique,au Saint Hubert,  à la librairie des signes

Et bientôt aux Fnacs de Renne et de Nantes, puis partout en france ... !! Si vous avez des points de vente à proposer, laissez un commentaire !! Merci ...

Produit par Tous2Boo

(c'est une assos bretonne, d'origine compiégnoise, qui promeut l'enrichissement culturel par la pratique musicale, en proposant des cours d'intruments et en menant des projets de productions de CDs, de l'enregistrement au mastering)

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jeudi 1 mars 2007

Constance ! Bordel ! En voila une Princesse dit-don !

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Elle fait salle comble tous les jeudi à 19h30 !!
au théatre de
la loge
(2 rue la Bruyere
75009 Paris)
12 euros / 8 euros
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lundi 12 février 2007

Nietzsche - Ce qui est fait par amour s’accomplit toujours par delà bien et mal - Nietzsche

Was aus Liebe getan wird, geschieht immer jenseits von Gut und Böse.

Nietzsche - Jenseits von Gut und Böse, aph.153

 

Ce qui est fait par amour s’accomplit toujours par delà bien et mal.

Par-delà bien et mal

 


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Par amour. Ce qui est fait par amour ; c'est-à-dire avec l’amour pour motif et pour justification. L’amour passion n’en est qu’un exemple, il n’est souvent un asservissement à un bien être illusoire ; il me semble que l’exemple parfait serait l’amour du Banquet de Platon : un amour noble du beau. L’amour d’une personne est toujours l’amour d’une apparence : si l’amour est réel, il est l’amour d’une émotion, l’amour du désir même.

 

Le bien et le mal sont le couple de valeur antagoniste au moyen duquel les maîtres, le Christ par exemple, dirigent les actions des peuples. En mettant un contenu derrière ces notions de bien et de mal le maître indique aux hommes la voie qu’il souhaite les voir suivre. Les peuples spontanément érigent une sorte de morale : il y a des règles de vie dont la nature nous fait découvrir bien vite l’utilité ; mais c’est règles-là ne nous sont-elles pas enseignée par la souffrance qu’éprouve notre amour lorsqu’il les violes ; la morale alors vient à propos pour expliquer la faute et indique une solution.

 

Traditionnellement – c'est-à-dire selon la conception socratique, reprise par Platon et popularisée par Jésus – l’amour tend à l’unité : tous les hommes se rejoignent grâce à leur amour commun de l’unique perfection, ou c’est Dieu qui les attire à lui. La morale aussi ne veut pas être plusieurs.

 

Je ne sais pas comment Nietzsche explique la communauté des âmes, qui rend possible toute communication, notamment celle des sentiments (l’empathie, la compassion). Pour ma parts je l’explique comme la communauté des corps : à corps semblables sens et raison semblables ; la principale cause de divergence intellectuelle et de méchanceté est celle qu’à montré Socrate : l’imbécillité.

 

Si l’opposition du bien et du mal se calque sur celle de la souffrance et sur plaisir, c’est d’une façon semblable à celle dont la vérité se découvre derrière les apparences – les apparences se voient en premier, il faut une folie pour tomber sur la vérité car elle les contredits d’abord, puis la vérité perçant à jour on voudrais presque renoncer aux apparences pour ne pas se laisser tromper par elles.

 

L’opposition entre bien et mal est purement théorique : elle est enseigné, révélé même pour les Chrétiens. Lorsqu’elle prend les dehors des sensations – le feu de l’enfer sous les prairies lumineuses du paradis – c’est, officiellement, par seul souci de pédagogie. Si, comme nous venons de le noter, la transmission des valeurs se fait en enseignant, à partir des goûts intimes, la plaisirs et les souffrances de chacun, un art d’interprétation des actions (« faire souffrir est mal »), le jugement morale reste supérieur au sujet pensant pour une raison simple : l’élève est sot, le maître non. Et le maître se réfère à l’autorité d’un être infaillible. Aussi pour quiconque chercher le bien (bien faire, bien comprendre, bien aimer) la seule autorité, qui est aussi suprême, c’est dieu. Chez les chrétiens, cette doctrine alla jusqu’à l’interdiction de la lecture et le combat de la pensé propre.

 

Mais nous sommes taché par le péché originel, d’ailleurs toute religion se donnant comme vraie, la vérité dépend de dieu seul et non de la personne. Toute intuition humaine est donc dévalorisée au profit de l’intuition divine qui est parfaite. Dieu représente le degré suprême de l’échelle qui monte à partir du sot et passe par le sage, ou plus exactement, milles échelles montent des milles sots et se rejoignent en Dieu, qui est unique, car les divergences sont le fait de la sottise.

 

Aussi l’amour est, dans le schème classique, cette échelle : il est le rayon de lumière qui perce le nuage et que la lumière rend sensible. Cependant cette conception est basé sur un mythe : le dieu unique. Sans ce mythe nous ne savons pas si la raison converge toujours, nous ignorons s’il existe une réponse à nos questions, nous avançons sans but. Pourquoi ?

 

 

La distinction entre le bien et le mal n’est pas encore et ne se présente pas comme une science exacte à laquelle tout les hommes sans exceptions devraient se soumettre, les seuls points d’accord concernant les points les plus triviaux (ne pas mourir trop vite), rien de sérieux ne nous impose de penser que nous devons être d’accord sur les question les plus importantes et les plus épineuses. Ensuite, même sur les problème triviaux, parfois une souffrance évité donne lieux à dix autres souffrances et si nous sentons qu’il est souhaitable de vivre et de s’entre aider pour cela, nous savons tous d’expérience qu’il vaut mieux aguerrir un enfant en le lassant prendre le risque de s’égratigner et en ne lui cachant pas toutes les dureté de la vie – pourquoi n’en serait-il pas de même à plus grande échelle ? Nous sentons bien par exemple qu’il ne serait pas souhaitable que chacun ouvris sa maisons aux clochard : pourquoi chercheraient-il un toit dès lors ?

 

 Mais ces raisons ne sont pas suffisantes encore pour démontrer l’insuffisance d’une morale et son illégitimité à s’occuper des problèmes supérieurs. Cette imperfection de la morale, chacun l’éprouve au quotidien : la morale nous dit-elle de fuir toutes les souffrances ? Ce serait trop de travail ! Quelle charge écrasante qui empêcherais d’avancer et de prendre les risques nécessaires ! La morale nous dit-elle de chercher les plaisirs ? Quelle sottise, eux qui si sont fuyant, dont on se lasse si vite : la morale nous dit-elle alors de souffrir ? Autant mourir de suite ! La morale nous dit-elle de fuir le plaisir ? Quelle autre mortification, quel mépris de soi même, quel aveuglement tandis que nos sens nous disent ce qui leur est bon ! La morale nous dit aussi : ne tue pas. Et si c’est tuer le meurtrier ? Et si c’est sauver l’enfant au risque de laisser mourir son père, et si c’est rester chez soi à réfléchir sur une phrase de Nietzsche ou à regarder la télé au lieu d’aller aider à survivre quelques pauvres orphelins ? Et si c’est manger trop de sel et fumer avec des non fumeurs ?

 

On le voit bien dans cette série d’exemple : toutes les injonctions sont réfutables, la morale cherche à décider, elle le peut sur des actions simples, des phrases choques qui mettent presque tout le monde d’accord (ne tue pas), elle voudrais se crédibiliser en s’appuyant sur les sensations primaires de plaisir et souffrance, elle ne le peux pas, elle voudrait les fuir, elle ne le peut pas non plus. Remarquons au passage qu’il faut s’être posé la question avec sincérité, c’est-à-dire en essayant ce que l’on croit être bon et en critiquant avec vigueur, il faut avoir éprouver dans son âme et dans sa chaire le sérieux et le bien-fondé de cette attitude qui consiste à suivre nos inclinations pour avoir ne serait-ce qu’une chance d’échapper à leur tyrannie et à la tyrannies des courants moraux qui s’appuient toujours un peu, le plus souvent sans le revendiquer, sur ces sensations de plaisir et de souffrance.

 

En deux mots : nous ne somme pas assuré que nos actes puisse tendre vers un bien, puisque nous ne savons même pas si le bien existe ou s’il n’est qu’une conséquence de notre désir de na pas mourir – et ce désir est le plus bas, le haut étant le désir de vivre. Or il n’y a pas de morale qui nous dise par avance quelle vie nous devons mener : toute morale est universelle : elle nous dit ce que doivent faire les hommes. Mais je veux savoir ce que je dois faire.

 

Cette cruauté, de constater notre incertitude de l’existence de dieu, cette solitude sans fond que nous impose Nietzsche n’est pas sans compensation : si nous n’avons pas de but, nous avons un motif : L’amour. De deux choses l’une : où bien l’on fait les choses à contre cœur, ou bien on les fait avec : si c’est à contre, alors il faut que le motif soit autre part : dans la raison moralisatrice, celle qui dit ceci est bien ou mal. On est certains que cette raison vient des hommes, on ne l’est pas qu’elle vienne de dieu. Mais ce détour n’est vraiment notre sujet : si le bien et le mal nous sont extérieur, si on nous les a enseigné, à nous pauvres myopes, alors ils seront un motif secondaire de nos actes, un prétexte peut-être. Mais ce qui est le plus intime, le plus intérieur, le plus proche de l’acte ce sera l’amour qui en est à la source. A la question que dois-je faire la réponse est : ce que je veux. Qu’est-ce que je veux ? Ce que j’aime. Et rien n’est plus difficile et plus noble que de comprendre mon amoure et de le satisfaire, car dans ce chemin toutes les morales peuvent être des passages et des propositions – toute morale fut le chemin d’amour d’un homme, elle fut sa destiné et elle est un exemple pour nous et elle nous enseigne bien des tentatives de solution à des problèmes qui sont aussi les nôtres – dans ce chemin toute morale, y compris les morales qui disent ne pas être une morale et qui croient dire généralement : « fait ce que tu veux » et qui comprenne : « fait ce que tu désir, ce que tu crois vouloir : suit des sens. » toute morale est un proposition, aucune morale qui vient du dehors n’est la nôtre exactement : ce serait tyrannie de quelqu’un qui ne nous connaissait pas tout à fait – mais seulement beaucoup car un homme qui se connaît bien lui-même en connaît du même coup beaucoup sur les autre.

 

Plus encore, le bien et le mal se courberont sans peine devant notre amour : qui n’as pas vu un amoureux qui tenait avant un discours avec une conviction exagérée, et qui abandonne ce discours sitôt qu’il aime ? Ce discours n’était pas le siens. Il était d’un maître que notre homme à eut raison de suivre, avant de trouver sons maître, son amour – dans notre monde démocratique le premiers maître est souvent le peuple. Notre amoureux aura cru faire passer avant lui–même la foi qu’il avait pour ce discours et il pensait être « altruiste » tant que lui-même ne s’était pas révélé. L’amour va par delà le bien et le mal : il ne tient plus compte d’eux, il les dépasse et les laisse loin derrière lui ; il les remplacerai si son amour disait : « je suis l’amour que les autre doivent éprouver. » Mais cela n’est pas de l’amour, c’est de la furie, du désir, de la tyrannie : « je veux donc tu dois ». L’amour est plus fin que cela ! Il dira plutôt : « Ne veux tu pas cela aussi ? Vois, c’est que j’ai de plus beau ! Ne veux-tu pas le regarder et apprendre à le voir avec moi ? Tu n’aimera pas comme j’ai amé cela : ce fut mon amour, cela peut-être pendant un moment ta morale, puisse-t-elle t’apprendre juger et à critiquer, puisse-t-elle t’apprendre à voir le beau, puisse-t-elle t’aider à découvrir ton amour ! Mais le jour où tu devra la dépasser, fait le : tue là, libère toi, et aime par toi-même, si tu est assez fort pour cela. »

 

L’amour est élection : il engendre la notion du bien, ce bien n’est pas pure originalité, il ressemble à celui du voisin, mais il y a en lui une chose qui n’est que de nous-même, que nous pouvons proposer au voisin, mais jamais lui imposer. L’amour passion dit : voici le bien, c’est d’être avec cette personne. L’amour fait sentir milles maux qu’on aurait pu éviter si on y avait prêté attention, il nous fait prendre conscience du poids de nos paroles et nous enseigne la continence et les honnêtes calculs. Mais quand on n’aime pas, on ne prête pas attention à tout cela, on se contente d’un à peu prés parce que la souffrance des autres ne nous a pas encore trop fait souffrir. La morale se loge là ou rien de plus fort n’impose une loi. Puisse la morale être très forte et très contraignante : l’amour qui la dépassera en sera vraiment digne.

 

L’amour donne-t-il envie d’exprimer une colère juste ? Soyons en colère.Mais si notre homme possède une morale qui lui dit de ne pas battre sa femme, et que son amour lui dit de la battre, alors il la battra. On me dira, ce n’est pas alors son amour qui bat… Si c’est son amour – puis ces hommes souvent se tuent devant leur bêtise… car l’amour d’un homme faible est un amour dangereux, il faut beaucoup de forces pour tenir un amour, car l’amour est un tyran, le tyran que peut-être aussi la morale. L’amour est un tyran : aussi lui faut-il une solide éducation et un grande morale : L’amour d’un enfant est dangereux car l’enfant ne sait pas arriver à sa fin, il crois qu’il faut enfermer pour être aimé ! L’homme qui a gardé ses illusions d’enfant deviendra un criminel bas si un désir le préoccupe.

 

Si l’homme n’est pas faible, alors il aura fait face d’abord à certaines vérité, telles que la mort probable et prématuré de l’amour, il aura su aussi qu’il ne pourra pas possédé le cœur, il aurai pu anticiper sa propre violence et la combattre. Mais pour cela il aurait fallu quelque chose de plus fort qu’une morale, il aura fallu une force intérieur qui le contraignît, il aura fallu un amour, et un amour bien plus vaste et honnête que le petit amour d’un seul femme : un amour de toute sa vie et de chacune de choses de ce monde.

 

Ais-je suffisamment dis que la haine (la vraie haine et non le petit mépris) est un amour de son ennemi ?

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vendredi 30 juin 2006

Pascal LA distance infinie des corps aux esprits figure la distance infiniment plus infinie des esprits à la charité, ...

LA distance infinie des corps aux esprits figure la distance infiniment plus infinie des esprits à la charité, car elle est surnaturelle.

 

 

 

Pascal - pensées


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Nous voyons bien notre main, elle est juste là au bout de mon bras, je la sens, et avec elle je sens maintenant le clavier. Je sais où le pose mes doigts et même si je sais pas le dire, je sais où comment elle est, ce qu’elle est, non ? Non. Je ne sais presque rien sur ma main. Rien de plus que quelques sensations éparses, dont certaines ne viennent même pas de ma main, comme le bruit des touches.

 

Les volontés, les sentiments, les sensations qui agissent en moi sont encore des façons de comprendre mon corps, car c’est bien mon corps qui s’agite ou s’apaise, c’est bien de mes yeux que je voie, et même mes rêves, dans lesquels souvent mon corps s’illusionne en créateur stupéfiant, mêmes dans mes rêves c’est encore par mon corps que le théâtre se joue.

 

 

 

Mais on est déjà passé dans l’esprit. Et l’esprit connais des astuces et des tours de magie que ne nous explique pas le corps. Parce que même si je ne comprend pas toujours la personne qui est en face de moi, je sais bien que parfois, nous parlons à peu près de la même chose : où est cette chose ? dans ma tête ? dans la siennes ? il y aurait deux choses ? et quand je parle par exemple de ce « i », il est où ? sous vos yeux ? sous les miens ?

 

C’est un peu comme une machine à penser à « i », en écrivant, je fabrique le début d’une petite machine automatique qui va faire penser « i » tout les gens qui liront « i ». C’est un pouvoir minuscule, instable et vain. Mais c’est un pouvoir parce que je le comprends avec mon esprit. Si je devais expliquer, calculer, connaître exactement le mouvement que font les neurones de mon lecteur pour commencer à écrire, je n’aurais pas fini.

 

C’est par l’esprit que je vois combien je peux sortir de mon corps, comme le footballeur ne pense pas à son pied mais au ballon vers le but. Et quand j’entend les vielles histoires, qu’on me parle des hommes, je vois bien que nous somme parfois capable, par la simple synchronisation de la bouche et de l’oreille, de regarder en même temps avec chacun ses yeux de l’esprit vers le même endroit, un endroit qui n’était pas sous nos yeux.

 

 

 

Et voila, cette distance, qui n’est pas seulement celle jusqu’à l’horizon, ma la distance jusqu’ à derrière le étoiles, le grand mur sombre. C’est pourquoi l’homme regarde les étoiles, qui sont alors sont seul refuge à un esprit égaré dans l’espace. C’est parce qu’il y a des abîmes dans lequel l’homme se perd, que l’homme gagne à la charité, c’est-à-dire l’amour.

 

 

 

Ma main a parfois besoin de mes yeux pour voir où elle va, et entre mes yeux et ma mains, il y a parfois mon esprit, que je me souviendrai presque avoir entendu me murmurer des mots assez semblable à ceux que j’écrit maintenant. Une mains sans âme, sans mobile, sans mouvement, c’est une mains morte, qui semblable à la mains endormie, qui surveille encore et le réveillera peut-être si je la touche.

 

C’est par mon âme que ma mains à une réel importance pour « moi ». Mais c’est quoi « moi » ?

 

 Ma main, si on l’écoutais, aurais peut-être l‘orgueil un instant de dire « je suis, moi, une main. » Ce serait sympathique, mais un peu ridicule. La main aurait moins tord de dire : je suis la mains de jean. Comment ma main trouve-t-elle dans le sang les choses qui la nourrissent ? En rendant service au cœur et à l’estomac, sous la direction d’une sorte de gouvernement vivement agité, le gouvernement de notre esprit, où siège l’esprit logique, les réflexes posturaux, et des délégué sensations représentant les muscles. Et tous écoutent et prennent, plus ou moins en accord leurs dispositions.  

 

 

 

Le corps sans souffle est presque mort. Le corps sans esprit est mort. L’esprit sans amour n’existe pas. Il y a des difficultés à aimer, comme il y en a à vivre et à respirer. Mais l’amour, c'est-à-dire se sentir comme participant à un corps supérieur à nous, dont nous ne somme que les mains, un corps auquel nous pouvons être utile, et à qui nous pouvons nuire.

 

 

 

C’est pourquoi, me semble-t-il l’amour uni encore plus fortement l’esprit à l'esprit que l’esprit uni ma main à ma faim et à mon ventre. D’une façon d’autant plus rare et difficile. La plupart des choses référence dans l’espace matériel ne sont même pas des atomes. Rares est la vie, plus rare et plus supérieur encore, la vie consciente, et infiniment plus difficile et enviable : l’amour.

 

 

 

Pour pascal, c’est l’eucharistie vécu, « eu » comme bon, bien, réussi ; Charistie, comme amour. C’est l’union dans le corps spirituel du christ, le corps dont ne sommes que les humbles organes et la vivante « matière ».C’est la charité, et la charité est surnaturelle.

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jeudi 29 juin 2006

Pascal - Tous errent d’autant plus dangereusement qu’ils suivent chacun une vérité. ...

Tous errent d’autant plus dangereusement qu’ils suivent chacun une vérité. Leur faute n’est pas de suivre une fausseté mais de ne pas suivre une autre vérité.

 

Blaise Pascal – Pensées


2006_06_29_Pascal_Tous_errent_d_autant_plus_dangereusement_qu_ils_suivent_chacun_une_v_rit_._Leur_faute_n_est_pas_de_suivre_une_fausset__mais_de_ne_pas_suivre_une_autre_v_rit_..doc

Pour se diriger dans la vie, pour prendre ses décisions, chacun a des guides, des préceptes, des vérités. Tel, par exemple, prônera la tolérance, l’écoute et la gentillesse. Tel autre revendiquera la dureté, la rigueur et la constance.

 

Mais pourtant, on sait aussi qu’il faut adapter son jugement à la situation, et le même qui soutient qu’on doit faire preuve d’une grande indulgence envers les hommes pour leurs fautes, se montrera intransigeant envers ses propres enfants, il ne leur pardonnera qu’après leur avoir fait ressentir tout le mal qu’il ont fait dans telle bêtise. Ainsi dans la vie la plus courante, nous sommes bien souvent près à abandonner nos certitudes et à agir sans en tenir compte.

 

Mais concernant celles des vérités qui sont le mieux établi nous refusons parfois d’avance le dialogue, et les conversations ne deviennent alors que de sèches batailles d’arguments inutiles, puisque nous n’avons pas l’intention de nous laisser convaincre par celui que nous appelons en secret « adversaire » car la vérité qu’il porte nous parait faire obstacle à celle que nous suivons. Ainsi certains des scientifiques refusent d’emblé tout débat concernant l’existence de Dieu ou le bien-fondé de la recherche psychanalytique.

 

Mais la question ici n’est plus de savoir si nos propres raisons son fiables, mais de ne pas rejeter d’avance un autre discours sous prétexte qu’il heurte nos convictions. S’il humain de s’accrocher à nos rêves comme à un radeau lorsque rien ne se présente pour nous sauver, c’est un tord de refuser pas avance de regarder, d’examiner ce qui nous apparaît pourtant, au regard de nos convictions actuels, comme très vraisemblablement faux. Et comme un noyé apeuré refuse de lâcher sa bouée pour saisir le bateau, nous nous contentons souvent d’une imparfaite « vérité » par peur d’être un instant privé de certitude, par peur de sombrer dans des eaux sombres sans toucher le fond ni être encore assuré que ce bateau, qui vient à nous, ne vacillera pas sous le poids de notre corps.

 

Ainsi l’art contemporain est encore décrié parce que selon les canons de beauté que nous connaissons, cet art n’est pas « beau ». On se cache alors derrière ce qu’on appelle à tord la subjectivité, et qui n’est que l’ignorance du chemin à prendre pour découvrir la véritable beauté que contient parfois certaines de ces œuvres, un chemin que seul l’œuvre pourrais nous apprendre si nous acceptons d’abandonner un instant les pseudo-certitudes auxquelles nous nous agrippons avec la bonne foi d’une enfants qui s’accroche à son nounours.

 

Cette autre vérité, ces autres vérités, que nous refusons de suivre parce que nous voyons bien pourquoi elles ont mauvaise réputation, il n’est pas seulement bête de ne pas la suivre puisque est ce sont des vérités, mais dangereux et mal.

 

Car si ne pas percevoir une vérité n’est pas une faute, la fuir sans la connaître en est une. Car en faisant primer notre avis propre, en refusant de nous avancer un peu dans une direction certes encore incertaine, mais potentiellement fructueuse, nous devenons un frein au développement de l’homme. C’est là la différence entre l’obscurantiste et le religieux curieux du monde : le premier s’enferme dans sa vérité, tandis que l’autre, non content d’accepter de ne pas être compris par tous, s’élève jusqu'à tenter de s’engager sur des voies dans lesquels ce qu’il peut y avoir de faux dans sa religion risque de lui sauter au visage comme une mauvaise conscience. C’est là aussi la différence entre certains des savants épris de raisons, qui suivirent pascal dans sa recherche de vérité dans la religions, au risque de prendre conscience de la faiblesse des fondements de leur propre raison, et des sciences qu’il on bâtie sur elle, et d’autres savants qui réfutent à l’aide d’une science inadéquate que la métaphysique soit porteuse de vérité.

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lundi 26 juin 2006

Pascal - le Moi est haïssable

Le mot de MOI dont l'auteur se sert dans la pensée suivante, ne signifie que l'amour propre. C'est un terme dont il avait accoutumé de se servir avec quelques uns de ses amis. [Note de l’Editeur.]

[§] Le moi est haïssable. Ainsi ceux qui ne l'ôtent pas, et qui se contentent seulement de le couvrir, sont toujours haïssables. Point du tout, direz vous ; car en agissant [271] comme nous faisons obligeamment pour tout le monde, on n'a pas sujet de nous haïr. Cela est vrai, si on ne haïssait dans le moi que le déplaisir qui nous en revient. Mais si je le hais, parce qu'il est injuste, et qu'il se fait centre de tout, je le haïrai toujours. En un mot le moi a deux qualités ; il est injuste en soi, en ce qu'il se fait le centre de tout ; il est incommode aux autres, en ce qu'il le veut asservir ; car chaque moi est l'ennemi, et voudrait être le tyran de tous les autres. Vous en ôtez l'incommodité, mais non pas l'injustice ; et ainsi vous ne le rendez pas aimable à ceux qui en haïssent l'injustice : vous ne le rendez aimable qu'aux injustes, qui n'y trouvent plus leur ennemi ; et ainsi vous demeurez injuste, et ne pouvez plaire qu'aux injustes.

 

Autre texte :

 Le Moi est haïssable : vous, Mitton, le couvrez, vous ne l’ôtez point pour cela ; vous êtes donc toujours haïssable – Point, car en agissant, comme nous faisons, obligeamment pour tout le monde, on n’a plus sujet de nous haïr – Cela est vrai, si on ne haïssait dans le moi que le déplaisir qui nous en revient.

 Mais si je le hais parce qu’il est injuste, qu’il se fait centre de tout, je le haïrai toujours.

 En un mot, le moi a deux qualités : il est injuste en soi, en ce qu’il se fait le centre de tout ; il est incommode aux autres, en ce qu’il veut les asservir : car chaque moi est l’ennemi et voudrait être le tyran de tous les autres. Vous en ôtez l’incommodité, mais non pas l’injustice.

 Et ainsi vous le ne le rendez pas aimable à ceux qui en haïssent l’injustice : vous ne le rendez aimable qu’aux injustes, qui n’y trouvent plus leur ennemi, et ainsi vous demeurez injuste et ne pouvez plaire qu’aux justes.

Pascal – Pensées (cfl 451, Ro 75, Co 350, Br 455, La 141)


2006_06_26_Pascal__Le_moi_est_ha_ssable.doc

Le moi, c’est le symbole de l‘amour propre, il est à rapprocher de « mien ».C’est le mien de la publicité qui « mon produit est mieux », c’est le mien de la vantardise. Ce qui est attaqué ici, c’est moins la personne que l’égoïsme, c'est-à-dire le fait de se considérer comme un élément particulier, ayant des pensées originales, des capacité peu ordinaire. Bref, ce n’est pas le fait d’être un moi, mais de regarder son moi en l’aimant ou en voulant l’aimer.

L’attitude des gens égoïstes est désagréable pour les autres, et à cause de cela ou fuit souvent les égoïstes.

Il suffirait peut-être d’avoir la politesse d’être gentil, de faire attention aux autres, de se forcer à tenir compte de leur existence. Non. Car ce n’est pas la conséquence de l’égoïsme qui est haïssable, immorale, c’est la cause. Un homme qui est gentil pour ne pas se faire d’ennemi est encore haïssable, et on appelle cela un hypocrite.

Bien sûr, un homme honnête, bon bourgeois comme Mitton auquel répond pascal, dira qu’il n’est pas vraiment hypocrite, qu’il est simplement un commerçant poli, que cela n’a rien de condamnable puisque les gens continuent de venir et d’être satisfait de lui. Un commerçant n’est pas hypocrite quand il est aimable avec son client, car c’est avec plaisir qu’il fait son métier et se fait aimer et respecter de sa clientèle.

Mais on peut bien être égoïste sans que cela se voit, égoïste au fond de nous. Plus encore, l’égoïste veut être aimé, et pour cela il prend vite l’apparence de la générosité.

L’amour propre est haïssable car il est injuste. Qui s’aime vraiment aime aussi ses parents qui lui ont donné vie, son peuple qui lui donne son langage, sa cultures, ses outils de l’intelligences, qui lui donne la sécurité pour vivre, il aime aussi la terre qui le nourri et l’univers qu’il habite.

Plus loin, pascal signal qu’on ne devrai pas dire mon livre, mais notre livre. En effet, qu’a fait l’homme qui a écrits ? il a utilisé des comportement et des personnalité qu’il a vu et qu’on lui a décrit pour faire ses personnages, il a repris pour son intrigue des façon de faire d’autres auteurs, pour ses tournures de phrases il a encore plagié un peu ses auteurs préféré.. certes il a fait quelque chose dans ce livre, mais cela n’est pas important, pas plus important que ce qu’il a repris aux autres auteurs.

Ainsi l’auteur a tord de dire « Mon livre », il devrais dire « notre livre », car sinon il ment en faisant comme si il était seul à l’origine des idées et des mots qu’il utilise.

Chaque moi est l’ennemi de tout les autres. Il ne suffit pas de cacher notre volonté d’être un tyran, il ne suffit pas non plus de la cacher à nos propres yeux, de la niée en faisant toutes le politesses et en donnant régulièrement à telle œuvre « caritative ».  En faisant cela on donnera l’illusion d’être juste.

Mais comme le moi est fondamentalement injuste, il n’y a pas d’autres solution que de le haïr. Sinon l’injustice reviendra, toujours. Il ne suffit pas de faire comme si, il faut haïr préventivement en quelque sorte, non pas se haïr, mais de ne s’aime que comme une partie du monde qu’on aime.

Il faut, par amour du juste, haïr l’injustice qu’il y a à se croire un être particulièrement digne d’être aimé, car c’est faux.

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lundi 19 juin 2006

Nietzsche - “Il y en a toujours un de trop auprès de moi, ainsi pense l’ermite. ...

``Einer ist immer zu viel um mich'' - also denkt der Einsiedler. ``Immer Einmal Eins - das giebt auf die Dauer Zwei!''
Ich und Mich sind immer zu eifrig im Gespräche: wie wäre es auszuhalten, wenn es nicht einen Freund gäbe?
Immer ist für den Einsiedler der Freund der Dritte: der Dritte ist der Kork, der verhindert, dass das Gespräch der Zweie in die Tiefe sinkt.


“Il y en a toujours un de trop auprès de moi, ainsi pense l’ermite. Toujours une fois un - à la longue, ça fait deux ! »
Je et moi sont toujours en train de converser avec trop d’ardeur : comment pourrait-on y tenir s’il n’y avait un ami ?
Toujours pour l’ermite l’ami est le tiers : le tiers est le bouchon qui empêche la conversation de ces deux-là de sombrer dans les profondeurs. !

 

 Nietzsche – Ainsi parlait Zarathoustra, De l’Ami
Traduction Goldschmidt


2006_06_19_Nietzsche__Il_y_en_a_toujours_un_de_trop_aupr_s_de_moi__ainsi_pense_l_ermite._Toujours_une_fois_un_____la_longue___a_fait_deux____.doc

Ces trois proverbes sont le début du texte sur l’Ami.

 

 ``Einer ist immer zu viel um mich'' - also denkt der Einsiedler. ``Immer Einmal Eins - das giebt auf die Dauer Zwei!''
L’ermite, le solitaire voudrait fuir. Au fond de son âme, il cherche une unité, l’unité de son moi. Il voudrait être seul, ou plus précisément être lui-même, sans intervention extérieur. Il voudrait ne pas être déranger, mais nous ne savons pas au fond si le solitaire veut être tout seul, sans personne autour de lui. Nous savons seulement que chaque fois, il trouve qu’il y en a un de trop. S’il y avait trois ami, il n’en voudrait que deux. Quoiqu’il en soit, il n’est pas satisfait, et toujours l’un de ceux qui sont autour de lui est comme cette goutte qui déborde mais ne se déverse pas spontanément, restant trop longtemps. L’ermite pourrait peut-être faire partir cet excès,  mais bientôt encore il trouverait encore qu’il en a trop. Veut-il enlever cet « un de trop » ? Veut-il le fuir, comme je le pensais au début ?
On ne sait pas au fond, peut-être l’ermite peut-il accepter cet un de trop, accepter la gène, accepter parce que toujours, (même quand il est seul, il y en a un de trop. Alors l’ermite pourrait croire que quand il aura fui tout les hommes et qu’il ne restera plus que son moi il n’y aura plus personne de trop. Peine perdue. Il y en a toujours un de trop.

 

L’ermite peut-être a désiré, quand il était jeune, pouvoir communiquer avec les autres, discuter et avoir le même avis qu’eux. L’ermite a maintenant renoncer à cette communauté, car il sait que ce ne serait qu’une communauté de faiblesse, de gens qui se nient eux-mêmes pour pouvoir être d’accord avec les autres. Mais l’ermite ne renonce pas, il veut trouver une unité, son unité, son «Toujours Une Fois Un, Immer Einmal Eins». Mais là encore c’est peine perdu, bientôt son âme change, il n’est plus d’accord avec lui-même, il aurait voulu une éternité, une éternelle, constante et bienheureuse unité, il aurais voulu se nicher dans son âme comme l’enfant dans le ventre maternel, comme l’homme dans les bras de la femme. Mais cela n’est pas possible, car la durée le divise au fond même de son cœur. Une chose fait pencher la balance, un autre instant un poids vient rééquilibrer, et maintenant la balance est lourde, elle est dure a porter, comme un homme qui a un sceau dans chaque mains il se fatigue.

 

Ich und Mich sind immer zu eifrig im Gespräche: wie wäre es auszuhalten, wenn es nicht einen Freund gäbe?
En lui deux personnages, Je et Moi, parlent, elle se disputent en fait, car dans la solitude de l’ermite qui a tenté d’être toujours une fois un, chaque détail est devenu tellement important ! Un fois, un problème suffit pour briser son éternité. Dans l’éternité que l’ermite a voulue trouver, il est devenu passionné, et son cœur n’est plus en paix, car rien ne vient pour le diverti et le distraire de lui-même.  Il n’y a en fait aucun autre moyen, pour tenir dans la solitude de l’ermite, cette solitude si nécessaire, si naturelle à l’homme qui veut être en accord avec lui-même et ne pas mentir à son cœur. La tension du dialogue est insoutenable pour l’ermite si un Ami ne vient pas mettre entre Je et Moi, si un Ami, ne vient pas séparer, presque comme un arbitre, les deux joueurs, les deux disputailleurs qui sont maintenant en colère car leur sang pris par la passion du jeu auquel il jouaient s’est trop échauffé. La tension en fait pourrait devenir si grande qu’elle pourrai briser l’homme de l’intérieur s’il n’y avait pas un Ami.

 

Immer ist für den Einsiedler der Freund der Dritte: der Dritte ist der Kork, der verhindert, dass das Gespräch der Zweie in die Tiefe sinkt.
Il me semble que l’Ami pour l’instant c’est cette personne qui saura renter, par la confiance, par son intuition et son troisième oeil qui devine le débat intérieur, cette personne qui saura rentrer sur le ring et séparer  Je et Moi sans rentrer dans le débats et se faire assaillir et assommer par ces combattants. Ainsi, l’Ami est le tiers, le médiateur, le christ ou encore cet indéfini, celui qui est hors du coeur de l’ermite, qui ne prend le parti ni de Je ni de Moi. L’Ami est un bouchon. Un bouchon solide, qui ne boudera pas sou la pression, qui ne se brûlera pas au contact de cette conversation brûlante. Un bouchon qui empêche de tomber dans les profondeurs.

 

Quant au profondeurs, nous n’en parlerons pas ici, car ce serait me semble-t-il, y sombrer.

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jeudi 15 juin 2006

Nietzsche - “Sois au moins mon ennemi!”—ainsi parle le respect véritable, celui qui n'ose pas solliciter l'amitié.

``Sei wenigstens mein Feind!'' - so spricht die wahre Ehrfurcht, die nicht um Freundschaft zu bitten wagt.
Also sprach Zarathustra

 

“Sois au moins mon ennemi!”—ainsi parle le respect véritable, celui qui n'ose pas solliciter l'amitié.
Nietzsche - Ainsi parlait Zarathoustra - De l’Ami


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Nous cherchons parmi les choses et les hommes, ceux avec qui nous voudrions vivre. Comment choisissons-nous nous nos compagnons ? Nous pouvons les choisir en réfléchissant, comme un homme politique choisit ses alliés parmi ceux qui lui seront utiles.

 

Oserais-je prier celui qui m’inspire le respect d’être mon ami ? Peut-être que non, peut-être est-ce trop demander, mais pour compagnie je peux avoir soit des ennemi soit des amis.

 

Mais le respect, qu’est-il ici ? On voit bien qu’il n’est pas très volontaire, que tout au plus on peut faire l’effort de chercher à en prendre conscience, sans que nous puissions le voir là où il n’est pas. On pourra croire un instant que respecter quelqu’un, c’est le voir comme meilleur que nous-même, un peu comme un enfant regarde l’adulte, en sentant à la fois qu’il peut devenir comme lui, et qu’il ignore comme faire. Mais l’enfant est un adulte en puissance, tandis que je ne deviendrais jamais semblable à mon ami, je ne le veux même pas, moi qui veux devenir moi-même ! Ce respect n’est pas non plus celui du serviteur au maître, car le serviteur s’oublie devant le maître, tandis que devant mon ami je veux donner le meilleur de moi-même, et non pas seulement ce qu’il attend de moi. Ce respect serait-il alors le respect de l’homme envers sa bête domestique ? Ça c’est une bienveillance attendrie qui me donne le plaisir de sentir combien il facile d’être gentil avec un inférieur, combien la nature m’a donné de supériorité.

 

Mais je cherchais le respect dans une sorte de but commun. Ce but est une fois l’éducation de l’enfant qui le rend adulte, et dans laquelle le respect sert d’exemple, une autre fois le service du maître, où le respect permet l’efficacité en empêchant de débattre les ordres, une autre fois encore le respect est un altruisme qui me fait préférer l’accomplissement de l’autre au mien- propre. Si le respect n’est pas toujours présent dans ces relations, il peut l’être à partir du moment où se respect soi-même en ne cherchant pas à devenir l’autre. Le respect s’impose de lui-même, aucune loi ne peut forcer à respecter, et le respect seul n’est jamais une occasion de se croire moins important que l’autre.

 

Mais n’y t a il pas encore du respect dans l’adversité ? Ne sommes nous pas stupéfait et plein d’humilité devant les volcans et les ouragans contre lesquels nous luttons pourtant ? Le guerrier n’a-t-il pas, au cœur de ses pensées, un adversaire dont la force est un défi ? Plus encore : nul guerrier ne tira jamais sa gloire d’avoir vaincu dans des conditions trop avantageuses. Le désir du guerrier n’est pas vaincre par chance, mais par grâce à sa valeur. Ainsi la guerre que mènent les hommes politiques n’est pas empêchée par le parlement ; au contraire, c’est le parlement, dans lequel règne –normalement- la politesse et l’intelligence qui donne à ces guerriers le cadre qui leur permet de montrer leur valeur. C’est le respect qu’ils ont les uns pour les autres, qui leur fait préférer attaquer par un beau discours, plutôt que d’assassiner lâchement. La beauté et la grandeur des grands hommes ne peuvent s’exprimer que dans des conditions honnêtes et respectueuses. L’inimitié n’est pas sans respect, et nos ennemis nous importent.

 

Ainsi le respect n’est pas une affaire d’agréable, de gentillesse et d’aide envers l’autre. Il est plus vaste et il dénote plus un intérêt sincère, non pas l’intérêt du stupide raciste pour les noirs, qui pourtant peuvent le préoccuper toute la journée, car le raciste ne veut pas voir que les noirs sont le centre de sa vie. Mais reconnaître son ennemi, reconnaître la valeur de son ennemi, cela fait grandir, cela permet de se surpasser dans le défit de vaincre loyalement. Car si on sait que nos ennemis ne nous veulent pas du bien, on voit bien qu’ils nous forcent par là même à être tirer le meilleur de nous-même

 

Ainsi, nous ne choisissons pas un autre pour peupler nos pensées uniquement selon le plaisir d’être avec lui. Ce serait comme si on ne voulait plus voir que les films dans lesquels il n’y a ni malheurs, ni oppositions, ni personnage mauvais, ni difficulté à traverser.

 

Mais même si nous ne pouvons pas toujours fuir l’adversité, il y a des rapports avec les autres que nous préférons, c’est l’amitié. L’amitié n’exclue jamais l’opposition, au contraire elle recommande de la vivre sincèrement,  autant que faire ce peux, pour ne pas laisser un contentieux nous séparer malgré nous, alors que peut-être il était possible au début de le maîtriser. S’il y a une saine pudeur à ne pas dire tous les reproches, il y a aussi une saine hygiène à ne pas les travestirent. L’amitié se distingue de toutes les autres relations sociales parce qu’elle est voulu, elle est une recherche active de l’autre. On n’est pas ami seulement parce qu’on rigole ensemble, n’ayant rien d’autre à faire de mieux. Certes on rigole avec des gens pour lesquels nous n’avons pas de respect, mais seulement de la politesse et du plaisir partagé. L’amitié quand à elle n’exclue pas le plaisir qui est un ciment doux, mais elle a besoin de pierre solide, d’un respect qui ne s’achète pas mais se donne librement à tout cœur méritant.

 

Mais si le respect est indispensable à l’amitié, il ne lui ne suffit pas. Il faut un miracle bien plus grand que celui du respect pour établir une amitié. Or il s’il faut toujours espérer un miracle, il ne faut jamais en attendre.

 

« Sois au moins mon ennemi », car si je ne sais si le miracle de l’amitié germera entre nous, pourtant, je te vois de grande valeur, toi que j’ose déjà tutoyer car le respect met entre nous non pas une familiarité mais une fraternité, et même si je ne peux te demander de vivre au près de toi comme un ami, car mon cœur se refuse à espérer un aussi grand miracle, je doit déjà te demander d’être mon frère ennemi.

 

Le respect, qu’il soit dû à un ami ou à un ennemi, nous met en présence d’un être de grande valeur, c’est comme une tentation, comme une invitation obligeante à devenir un meilleur soi-même, à se réaliser et à s’accomplir au-delà de ce que nous sommes déjà.

 

Toute amitié commence par le respect, mais l’amitié est si rare, et le véritable respect si impérieux, qu’au moins nous devons nous montrer à sa hauteur et aller chercher ce qui est respectable, sans attendre d’avoir en plus la joie de trouver un ami.

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lundi 5 juin 2006

Gide - Dans le domaine des sentiments, le réel ne se distingue pas de l’imaginaire.

Dans le domaine des sentiments, le réel ne se distingue pas de l’imaginaire. Et, s’il suffit d’imaginer qu’on aime, pour aimer, ainsi suffit-il de se dire qu’on imagine aimer, quand on aime, pour aussitôt aimer un peu moins, et même pour se détacher un peu de ce qu’on aime – ou pour en détacher quelques cristaux.

André Gide, Les faux-monnayeurs


C’est extrait du texte que j’ai eu à mon exams sur la littérature du XXéme. J’ai fini par recopier ces deux phrases sur ma copie, et je l’ai rendue telle quelle.

L’imagination s’oppose (parfois) à la réalité. En effet nous percevons la réalité au travers d’images (images visuelles, images sonores etc.), c’est le point commun entre l’imagination et la perception de la réalité. Mais ici l’imagination peu avoir aussi le sens de fiction, de mensonge. Des fois on sait que ce qu’on imagine n’est pas vrai, mais des fois on ne s’en rend pas compte. C’est quand on ne sait plus si les images qu’on perçoit sont vraies ou fausse, qu’on risque de les confondre avec la réalité. C’est ainsi qu’on prend parfois nos rêves pour des réalités, car notre imagination échappe bien souvent à notre volonté, et comme le miroir de Risèd (c’est dans Harry Potter) elle nous montre souvent ce que nous désirons le plus. Parfois aussi elle nous montre ce que craignons le plus, comme les Détraqueurs (pour revenir à Harry, qui est décidément une mine de sagesse !), mais ça n’est pas exactement notre sujet.

Dans le cas de la vision, il est (la plupart du temps) facile de savoir si nous sommes victime d’une illusion, qui nous ferais voir un objet là où il n’y en a pas. C’est facile parce que dans le cas des illusions, des incohérences surgissent. Par exemple si je regarde derrière la glace, je vois que ma vue me trompait, en plus la personne bougeait en même temps que moi, ce qui n’est pas normal. En revanche, les sentiments sont trompeurs. Il est difficile d’être sûr. Car dans le cas des illusions optiques, je peux facilement vérifier, en faisant une expérience, en enlevant la glace par exemple.

Mais certaines images sont plus difficiles à vérifier, par exemple si un élève à tricher. Alors on recoupe les informations : on regarde si il était à côté d’un camarade et si leurs réponses se ressemblent par exemple, on se demande si c’est un élève téméraire et menteur, si il a déjà triché dans d’autres matières. C’est possible parce qu’il y a plusieurs moyens d’accéder à cette réalité cachée.

Mais nos sentiments sont intérieurs, celui qui s’imagine (même avec sincérité) qu’il aime est peut-être simplement fasciné par un feu de paille…Comment vérifier ? Quelles informations pouvons-nous recouper ? Si tout vient de l’intérieur, comment savoir si ça vient de l’imagination qui nous montre ce que nous voulons, ou si ça viens de notre cœur ? Nous ne parvenons pas à distinguer avec une certitude suffisante l’origine de ce que nous ressentons…

 

Et puis surtout, notre amour-propre ne joue pas contre-nous : nous ne serions pas trop blesser de ne pas voir le trucage d’un illusionniste. Mais les sentiments sont beaucoup trop proche de nous, trop présent, et surtout trop important. L’homme a autant besoin d’amour que d’eau fraîche. Quand on n'a pas d’eau fraîche, comme c’est le cas sur trente pour cent du globe, on boit beaucoup d’alcool. De la même façon le désir d’amour ( le désir d’aimer autant que d’être aimé) est tellement puissant, que si on ne trouve pas d’amour vrai, notre cœur assoiffé prend ce qui ressemble le plus à l’amour pour se désaltérer.

Dans le cas de l’alcool, puisqu’il est normalement mêlé à l’eau, la soif passe un peu.

De là donc à penser qu’il n’y a au fond aucune différence entre imaginer ressentir un sentiment et le ressentir réellement… Il n’y a qu’un pas.

Mais pourtant, (et je ne comprends pas encore l’ « ainsi ») Quand nous envisageons la possibilité que notre amour soit imaginaire, nous pouvons avoir en gros deux réactions : Soit nous refusons cette idée, nous jurons nos grands dieux que nous sommes bien sûr d’aimer réellement, soit on accepte cette possibilité et on dit avec Gide : J’imagine que j’aime. Mais alors (même si notre imagination n’est pas forcement trompeuse) nous envisageons qu’elle le soit, et donc nous envisageons que notre amour ne soit pas réel, mais seulement purement imaginaire. Et ça, le fait de douter de l’amour, ça en enlève quelques morceaux. Le doute ne se combat que par la certitude. Or il n’y a pas de certitude à espérer de ce côté-là : on peut toujours se tromper.

Et puis le fait de douter, de se demander si ce ne serai pas un tour de notre imagination, c’est déjà un argument (seulement un argument) en faveur de la thèse de l’imagination. Au fond de soi on se dit : «  si j’aimais vraiment, alors je ne douterai pas de mon amour. Si j’aimais vraiment, je ressentirais constamment mon amour, j’en serais sûr, si je n’en suis pas sûr, c’est peut-être qu’il vient de mon imagination. » Et alors on cherche la cause du désamour, on se dit que peut-être ce qu’on aime n’est pas si parfait, et ça, ça change la vision qu’on à de ce qu’on aime. On dit que Stendhal comparait le fait de tomber amoureux ave la cristallisation. Pour moi ça veut dire que l’amour se forme en idéalisant ce qu’on aime, en lui trouvant plein de qualité, y compris celle qu’il n’y a pas, qu’il se forme en partie grâce à l’imagination qui nous fait croire qu’on aime tout même les défauts. Mais le fait d’accepter de se dire que notre amour est imaginaire, hé bien ça inverse le processus, ça enlève des cristaux.

Et Gide conclu : « Mais pour se dire cela ne faut-il pas déjà aimer un peu moins ? »

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dimanche 4 juin 2006

Vanité des vanités, dit L'Eccléssiaste, vanité des vanités, tout est vanité.

 vanitée des vanités

Vanitas vanitatum dixit Ecclesiastes vanitas vanitatum omnia vanitas

Vanité des vanités, dit Qohélet, vanité des vanités, tout est vanité.

Tout est absurde et inutile, disait le Sage, tout est dérisoire.


2006_06_04_Eccl_siaste_Vanit__des_vanit___tout_n_est_que_vanit_.doc

Dans la note de ma bible, il est dit :

Au sujet de l’Qohélet, que c’est un mot qui désigne  « l’homme de l’assemblé. C’est à dire soit le maître ou l’orateur, soit au contraire le représentant du public personnifié et qui las de l’enseignement classique, va prendre la parole à son tour. »

Au sujet de vanité que « le terme dont nous gardons la traduction traditionnelle « vanité » signifie d’abord « buée », « haleine », et fait partie du répertoire d’image (l’eau, l’ombre, la fumée, etc.) qui décrivent dans la poésie hébraïque la fragilité humaine. Mais le mot a perdu son sens concret et n’évoque plus chez Qohélet (l’ecclésiaste en hébreu) que l’être illusoire des choses et par conséquent la déception qu’elles réservent. »

La vanité, étymologiquement, c’est le fait d’être vain, inutile. Mais on emploi aussi ce mot pour désigner un désir de se faire valoir, une manière un peu sotte et ne trompe pas longtemps, de donner une bonne opion de soi. C’est un reproche traditionnellement fait aux femmes. (Peut-être est-ce pour cela que Nietzsche compare la vérité à elles.)

Bréve et imparfaite explication grammaticale

Vanité (Nominatif singulier ?)

des vanités (génitif pluriel), dit l’E v…des v…s

Tout (Nominatif pluriel) sous entendu : est

Vanité (Nominatif singulier ?)

Le nominatif nomme la chose, il désigne, en français il correspond d’une part au sujet du verbe, à celui qui fait l’action, et d’autre part après le verbe être , « je suis comme toi »et non pas « je suis comme te »

Le génitif indique la genèse, la provenance, l’appartenance ou parfois un rapport plus flou, mélange des trois, comme on dit : le plaisir de danser, ou l’ami de Untel, ou bien encore entre concepts : la liberté de penser. On parle du fait que la pensé soit libre, que la liberté appartienne à la pensée, que la liberté provienne de la pensé (enfin ça dépend du contexte). Ici comme souvent le génitif est utilisé pour montrer qu’on parle d’un certain aspect des vanités : leur vanité.

Nous ne savons jamais en totalité les conséquences de nos actes. Peut-être le malheur surgira-t-il de cette décision que nous avons prise parce que nous en attendions du bonheur. Nous pouvons nous tromper.

Comme savoir ? Incapable de regarder le futur, nous nous servons de « signes », nous regardons l’habit pour essayer de trouver le moine. Nous essayons de prédire le futur avec le présent, nous asseyons en fait de nous justifier. « Je fait ça parce que c’est bien », et nous trouvons presque toujours une bonne raison de montre que nous sommes bon, que nous faisons les bons choix. Mais au fond, ce ne sont que des écrans de fumé, de faible raisonnement pour prévoir un futur dont nous ignorons finalement presque tout.

Mais toutes ces « bonnes raisons » que nous avons pour nous justifier sont comme les petits éloges, les beaux habits de notre bonne conscience : nous avons toujours le désir de nous tromper nous-même en disant : « le monde va mieux avec moi que sans moi. » Or ça, nous n’en savons rien. Nous suivons les signes pour nous faire aimer Mais au fond... nous ne savons jamais le fonds des choses, ni le jour de notre mort.

Ainsi Tout est vain, tout finira, recommencera, nous ignorons si nos qualités compensent nos défauts, nous n’avons pas la moindre idée de notre utilité, et comme de doute manière un jour nous serons oublié...

Et il n’y a rien à espérer de ce coté : La vanité elle même est vanité. Imaginons un examen : peut-on justifier la vanité du candidat (qui fait tout pour cacher ses défauts et montrer ses qualités, voire en trichant) ? Après tout, cette vanité sert à valider mon examen. Utilité de la vanité pour obtenir son examen, sens de la vanité pour son parcours professionnel. Mais qu’est-ce qui donne un sens à l’examen ? à la carrière, et finalement à la vie ? Ne cherchez pas. Il n’y a pas de vérification possible au final : tout reste parure, fumés, vapeur et fragile dans la condition humaine.

La vanité de nos vanité rend tout vain.

Bible en français courant, Traduction Bahut

L’Ecclésiaste, I,2
Bible de Jérusalem

Nova Vulgata

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Spinoza - ...Les Âmes cependant ne se vainquent pas par les armes, mais par l’amour et la générosité.

CAPUT X :
Quatenus homines invidia aut aloquo odii affectu in se invicem feruntur eatenus invicem contrarii sunt et consequenter eo magis timendi quo plus possunt quam reliqua naturae individua.

CAPUT XI :
Anima tamen non armis sed amore et generositate vincuntur.

Spinoza – Ethique

CHAPITRE X
Les hommes, en tant qu'ils sont animés les uns pour les autres d'un sentiment d'envie ou de passion haineuse, sont contraires les uns aux autres, et ils sont d'autant plus à craindre qu'ils ont plus de puissance que les autres individus de la nature.

CHAPITRE XI
Ce n'est point toutefois la force des armes qui dompte les coeurs, c'est l'amour et la générosité.

Traduction Saisset

 CHAPITRE X
Les hommes, en tant que l’Envie ou un affect de Haine les porte les uns contre les autres, sont contraires les uns aux autres, et par conséquent sont d’autant plus à redouter que leur puissance l’emporte sue celle des autres individus de la nature.

CHAPITRE XI

Les Âmes cependant ne se vainquent pas par les armes, mais par l’amour et la générosité.

Traduction Pautrat


2006_06_03_Spinoza_...Anima_tamen_non_armis_sed_amore_et_generositate_vincuntur..doc
CHAPITRE X Les hommes sont jetés les uns contre les autres par l’envie, qui a pour Spinoza un sens précis : il s’agit d’une haine, une haine qui rend triste du bonheur d’autrui, et heureux de son malheur. La cause de l’envie est le désaccord au sujet de la joie que procure une chose : si un homme est joyeux de faire l’amour à une femme que nous aimons, la même chose est cause à la fois la cause sa joie et de notre haine, et nous éprouvons de l’envie, c'est-à-dire la haine que suscite en nous son bonheur. Or il est bien évident que souvent les intérêts des hommes s’opposent : les mêmes biens, les même honneurs et les même compagnie sont convoité par beaucoup.  Ce qui fait le bonheur de l’un fait parfois aussi le malheur de l’autre. C’est pourquoi nous ne pouvons échapper à l’envie, c'est-à-dire à la haine de la joie d’un autre.

Ainsi, les sentiments les plus naturels nous portent à nuire à certains autres hommes, et réciproquement. Or il se trouve que dans le monde que nous connaissons, les hommes sont les choses, les individus les plus puissants. Qu’un homme vous envie, et grâce à sa puissance il peut vous faire beaucoup de mal. Ainsi, ce que l’homme a le plus a craindre sur terre, ce sont les hommes envieux.

 

CHAPITRE XI Mais les hommes peuvent être vaincu, c'est-à-dire qu’on peut les faire changer de façon à ce qu’on ne les craigne plus. Pour cela nous avons deux moyens : les armes, et l’Amour.

Mais nulle arme ne convaincra personne au fond d’elle-même. Au contraire l’arme engendre de la tristesse, et la haine. La haine est l’inverse de l’amour : c’est la tristesse qu’accompagne l’idée d’un cause extérieur. Ici, la cause extérieure c’est l’usage des armes et de la peur (la peur des armes est aussi une arme).

La seule force de conviction de l’arme, c’est la prudence. Mais celui qui agit par prudence modifie sa décision parce qu’il voit qu’il ne peux pas agir selon sa volonté, son âme n’a pas changé : il est toujours envieux, souvent plus envieux encore à cause de la frustration et de la colère.

Mais voici l’Amour ! L’Amour et la Générosité !

L’Amour est une joie qu’accompagne l’idée d’une cause extérieure, par exemple quand on retrouve une personne « aimé », alors on est joyeux, et on se dit : voir cette personne me rend joyeux, donc j’aime cette personne.

Et la Générosité, c’est l’effort pour aider les autres hommes et se les attacher par les liens de l’amitié. Ainsi l’amour et la générosité permettent de désamorcer l’envie. En effet l’envie venait d’intérêts divergents, mais unis par les liens de l’amitié et par l’amour réciproque, un intérêt plus fort peut se créer : le fait d’être ensemble et de conserver l’amitié deviens un enjeu. Un enjeu qui peut devenir prioritaire sur les intérêts divergents. Peut, mais pas forcément. Pourtant seule la joie que provoque la venu d’un ami dont on sait la générosité peut être en mesure de vaincre l’envie en créant de la miséricorde : la miséricorde est le contraire de l’envie : c’est le fait d’être heureux du bonheur de l’autre… et donc d’avoir intérêt à rendre l’autre heureux… l’amour et la générosité provoquent l’amour et la générosité, parce qu’en rendant joyeux l’autre il voudra rester auprès de vous et vous rendra joyeux pour ça.

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samedi 3 juin 2006

Pascal - Qu’est-ce que le moi ?

Qu’est-ce que le moi ?

Un homme qui se met à la fenêtre pour voir les passants ; si je passe par là, puis-je dire qu'il s'est mis là pour me voir ? Non ; car il ne pense pas à moi en particulier ; mais celui qui aime quelqu'un à cause de sa beauté, l'aime-t-il ? Non : car la petite vérole, qui tuera la beauté sans tuer la personne, fera qu'il ne l'aimera plus.

Et si on m'aime pour mon jugement, pour ma mémoire, m'aime-t-on? moi ? Non, car je puis perdre ces qualités sans me perdre moi-même. Où est donc ce moi, s'il n'est ni dans le corps, ni dans l'âme ? et comment aimer le corps ou l'âme, sinon pour ces qualités, qui ne sont point ce qui fait le moi, puisqu'elles sont périssables ? car aimerait-on la substance de l'âme d'une personne, abstraitement, et quelques qualités qui y fussent ? Cela ne se peut, et serait injuste. On n'aime donc jamais personne, mais seulement des qualités.

Qu'on ne se moque donc plus de ceux qui se font honorer pour des charges et des offices, car on n'aime personne que pour des qualités empruntées.

Blaise Pascal - Pensées (688 - Édition Lafuma, 323 - Édition Brunschvicg)


2006_06_03_Pascal_Qu_est_ce_que_le_moi.doc

La première fois que j’ai lu ce texte, ce qui m’a frappé, ce ne fut pas la difficulté de découvrir le moi, mais plutôt les conclusions sur l’impossibilité d’aimer quelqu’un. Qu’est-ce que le moi ?

Passant dans la rue un homme me voit… mais ce n’est pas moi qu’il cherchait…

Je ne suis pas attendu, c’est par hasard que j’ai rencontré des hommes sur ma route, je n’aurai pas été là, ils auraient vécu, et certainement dans un bonheur semblable à celui que ma compagnie leur a donné.

Mais Untel à qui je plais, est-ce vraiment moi qu’il aime ? Non, un jour bientôt mon corp changera et si je plais encore ce sera par souvenir, ou par concupiscence.

Mais il est bien des choses qui sont moi plus que d’autres, j’ai un caractère, une manière de penser, j’ai ce qu’on appelle des qualités et des défauts ainsi que des compétences. Mais voila, comme mon visage, mon caractère change, et il se peut qu’il change profondement, tellement profondement que celui qui m’a aimé ne m’aimera peut-être plus un jour.

Ressortons un instant du texte, je vois qu’on ne m’attend pas, qu’on m’aime pour des choses qui peuvent changer, mais qu’est-ce que cela m’apprend sur le moi ? Je sèche… continuons, peut-être la réponse viendra d’elle-même.

Où est donc ce moi ? je change, mais pourtant je reste toujours moi-même, enfin il me semble. Je dois être comme cette pâte à modeler, à laquelle on peut donner multiples formes, si bien qu’on ne sait plus si elle est boule, cube, bonhomme ou empreinte de doigts. On aime la pâte à modeler parce qu’elle change, mais quand ayant séchée elle est devenue dure, l’enfant la jette sans vergogne, parce que cette pâte ne peut plus être modelé.

On n’aime pas quelqu’un parce que c’est lui, mais parce qu’il est comme ceci, ou comme cela. On ne sait peut-être pas toujours pourquoi on aime les gens, mais on sent que c’est pour quelque chose.

Alors voila, je peut changer et devenir quelqu’un d’autre au point qu’on ne m’aime plus.

Mais pourquoi on ne m’aimerait pas pour moi, sans tenir compte de mes qualités, d’un amour comme celui du Dieu de Jésus ?

« Hé bien, Jean, attend, et les hommes qui sont si bons t’aimerons sans tenir compte ni de tes défauts, ni de tes qualités, seulement pour «toi»… »

Non, vraiment, il n’y a rien à attendre de ce côté. Ce ne sera jamais que pour la façon dont je suis qu’on m’aimera. Plus encore, je serai injuste demander qu’on m’aime pour moi. Est-ce que moi j’aime les autres toujours, indépendamment de leurs actes et de leurs paroles, suis-je assez fort pour désirer tous les corps, sans tenir compte ni de leur beauté, ni de leur laideur ?

On n’aime donc jamais personne, mais seulement des qualités.  Et il suffirait que surgisse quelqu’un de semblable à moi, et qui n’aurai pas mes défauts, pour qu’on m’abandonne, et avec raison.

Voila pourquoi, dit Pascal, on a bien raison de se fier aux apparences pour aimer : sur quoi d’autre jugerions nous les gens ? Il nous faut des titres et des accoutrements.

Voila… nous avons vu combien l’amour humain est superficialité, et combien alors la superficialité a de valeur.

Alors je ne sais plus où est ce moi si profond, ce moi qui n’est que moi et qui me rend irremplaçable, ce moi pour lequel j’avais cru qu’on m’aimerai un jour,  hé bien ce moi, au bout du compte, je m’en fou. Il est trop loin, et d’ailleurs, à cela me servirait-il de le connaître, je veux dire de me connaître ? Puisque moi profond et indépendamment de mes manières d’êtres n’est pas ce que les autres, les autres pour qui j’existe,  connaîtrons de moi !

 Mais n’existerais-je pas aussi pour moi, sans avoir à satisfaire les autres ? Mais alors c’est d’un regard extérieur que je me considère, en me mettant à la place des autres, me prenant pour objet. Ce sont encore mes qualités que je juge, et pas mon moi profond.  

Et si l’on me dit : tu es de la pensée, tu es « ce qui veut, ce qui affirme, ce qui sent, ce qui doute » je n’en saurais pas beaucoup plus sur moi. J’en saurais plus sur l’homme, sur l’âme, mais cela ne me dit pas ce que moi, vraiment moi, pas les autres, moi l’unique je suis. Hé bien je ne sais presque rien de plus sur moi-même. Voila pourquoi l’amour est le seul étalons du moi (enfin, ça reste à montrer), et c’est encore un mauvais étalons.

Pourquoi l’amour ? L’amour rend aveugle ! que pourrait-il m’apprendre sur moi ? Et pourtant, bien que je ne sache pas dire pourquoi, il me semble que l’amour (des autres comme l’amour propre) et le seul moyens de m’atteindre, de me toucher, et si ce n’est pas « au fond », ça n’en n’est pas très loin je crois.

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Descarte - ...je retombe insensiblement de moi-même dans mes anciennes opinions...

Sed laboriosum est hoc institutum, & desidia quaedam ad consuetudinem vitae me reducit. Nec aliter quàm captivus, qui forte imaginariâ libertate fruebatur in somnis, cùm postea suspicari incipit se dormire, timet excitari, blandisque illusionibus lente connivet : sic sponte relabor in veteres opiniones, vereorque expergisci, ne placidae quieti laboriosa vigilia succedens, non in aliquâ luce, sed inter inextricabiles jam motarum difficultatum tenebras, in posterum sit degenda.

Renati Descartes – Meditationes de prima philosophia, Meditatio Prima

Mais ce dessein est pénible et laborieux, et une certaine paresse m’entraîne insensiblement dans le train de ma vie ordinaire. Et tout de même qu’un esclave qui jouissait dans le sommeil d’une liberté imaginaire, lorsqu’il commence à soupçonner que sa liberté n’est qu’un songe, craint d’être réveillé, et conspire avec ces illusions agréables pour en être plus longuement abusé, ainsi je retombe insensiblement de moi-même dans mes anciennes opinions, et j’appréhende de me réveiller de cet assoupissement, de peur que les veilles laborieuses qui succéderaient à la tranquillité de ce repos, au lieu de m’apporter quelque jour et quelque lumière dans la connaissance de la vérité, ne fussent pas suffisantes pour éclaircir les ténèbres des difficultés qui viennent d’être agitées.

Descartes – Les méditations métaphysiques, traduction du Duc de Luynes

Mais ce projet est pénible et laborieux, et une certaine paresse me ramène aux habitudes de la vie. Tout comme un prisonnier qui peut-être jouissait dans le sommeil d’une liberté imaginaire, quand ensuite il commence à soupçonner qu’il dort, craint d’être réveillé et conspire nonchalamment avec ces illusions agréables, ainsi je retombe de moi-même dans les vielles opinions et j’appréhende de m’éveiller, de peur que la veille laborieuse qui succédera au paisible assoupissement ne doive dorénavant s’écouler, sans la moindre lumière, parmi les inextricables ténèbres des difficultés qui viennent d’êtres agitées.

Traduction de Michelle Beyssade


2006_06_03_Descartes_fin_de_la_premi_re_m_ditation__le_sommeil.doc

Voila comment se fini la première méditation, dans laquelle on voit que presque tout ( les sens, les sciences y compris les mathématiques ) est douteux. Nous ne pouvons plus faire confiance à beaucoup de choses. Le projet de Descartes est simple : ne pas consentir au faux. Or il vient de montrer que presque tout nous trompe, qu’il n’y a presque rien qui ne nous fasse pas faire d’erreur… c’est une situation horrible, enseveli sous les doutes, nous ne sommes même pas sûr de trouver quelque part quelque chose qui soit vrai. Nous sommes prisonniers. Le doute nous enferme dans notre ignorance. Nous sommes prisonnier de notre petitesse, de notre incapacité à tout comprendre. C’est une prison dont on ne voit presque jamais les murs, mais qu’on sent pourtant à chaque instant : nous sommes toujours à la recherche de réponses, nous voulons savoir où nous emmène cette vie si tumultueuse, nous voulons savoir qui nous aime et pourquoi, nous voulons aussi et surtout savoir qui nous sommes, mettre des mots sur ce qui ce passe à l’intérieur de nous.

Milles « réponses » viennent, pour nous libérer de ces doutes, les gens, les magazines, les institutions, milles consolations nous enlacent de leurs rassurantes opinions. Tu es Untel, ceux-ci t’aiment, demain tu iras faire cela, tu as telle qualité et tu penses comme ça, et voici donc ta place dans le monde.

Notre faiblesse nous incline toujours à y croire, tout cela est tellement rassurant… Mais d’où viennent ces réponses ? Qu’est-ce qui nous prouve qu’elles nous disent la vérité sur le monde et sur nous-même ? Rien. C’est ce que Descartes a montré dans sa première méditation. Mais voila, la recherche de la vérité est difficile, sur son chemin on devra faire face à des réalités qui font peur, en premier lieu notre ignorance, notre imperfection, notre stupidité. Celui qui commence à entrevoir combien dur sera le combat contre ces opinions, et combien facile il est de continuer à y croire, aura toujours envie de renoncer. C’est presque un réflexe de survie : pourquoi tout abandonner pour se jeter dans un bain d’incertitude ? Mais voila la vraie prison : c’est la prison du sommeil, du sommeil de la facilité, le sommeil de la vie à la Wall Disney. Un sommeil dans lequel on se sent libre et puissant. Il est bien tentant de chercher à rejeter les doutes, de continuer à prendre nos rêves pour des réalités.

Mais voila, il n’y a pas de vérité à espérer de ce sommeil, il faut s’éveiller pour ça. S’éveiller par un mouvement volontaire, par une discipline librement choisi, par un refus systématique des agréables bêtises. On ne nous a rien promis : et ce monde que le philosophe choisit de regarder, parce qu’il est le seul monde de vérité, ce monde ne sera pas, comme nos rêves, fait pour nous plaire. Non seulement ce monde peut ne pas nous plaire, mais il est possible que ce monde soit un monde extrêmement difficile à atteindre, dans notre recherche, milles tentation, milles réminiscences du rêves viendrons peut-être nous assaillir, charmeuses, et déclarerons toutes être précisément ce que nous cherchons : la vérité.

Ainsi si nous voulons nous priver de toutes les préjugés réconfortants, nous allons nous retrouver sans rien. Seul, face à ce qui nous apparaîtra d’abord comme le projet le plus difficile, un projet bien différent de beaucoup d’autres, car l’artisan sait l’objet qu’il vas construire, tandis que le chercheur de vérité ignore encore ce qu’il va découvrir. Rejeté par le doute dans les ténèbres.

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jeudi 1 juin 2006

Pascal - Ecoulement – C’est une chose horrible de sentir s’écouler tout ce qu’on possède.

Ecoulement – C’est une chose horrible de sentir s’écouler tout ce qu’on possède.
Pascal


2006_06_01_Pascal_c_est_une_chose_horrible_de_sentir_s__couler_tout_ce_que_l_on_poss_de.doc

Ce qu’on possède, c’est ce qui nous est attribué habituellement par notre société et ses institutions, mais aussi et finalement notre vie : c’est un peu le sens du verbe avoir, quand on dit : j’ai des amis, 23 ans, un travail, des rêves, ou comme on dit : j’ai un ordinateur, le bac et 2 grammes dans chaque bras. On pourrait dire aussi qu’on a notre personnalité.

Mais voila : Souffles de brumes, tout est vain souffle de brume. L’écoulement, c’est le contraire du dur, c’est la mollesse, l’écrasement de l’attraction universelle. On connaît peu de loi simple et universelle, mais cette phrase me fait songer à un principe ( cad une idée qui joue le rôle de prince) de cette science qui étudie les mouvement de la chaleur et de ses énergies. A chaque transformation, la situation est de plus en plus imprévisible, désordonné et donc plate : car sans cohésion aucun parti ne l’emporte. Pour le redire dans les termes de l’ecclésiaste : Toutes choses vont au même lieu ; tout est sorti de la poussière, et tout retournera en poussière. Mais voila : les choses se font et se défont lentement et, face à ce qui se construit chaque jour, beaucoup d’autres sont en train de mourir.

 

Nous ressentons ça. C’est ainsi : nous sommes les témoins souvent impuissants de la destruction du monde, de notre monde. Et ça, cette sensation du temps qui passe et ne revient pas, du temps qui liquéfie tout, qui nous dépossède de tout, même de nous-même, cette sensation-là est horrible. C’est une chose horrible.

 

Mais c’est une chose : je peux faire un instant semblant pour jouer d’être dans un autre monde, un monde où rien ne périrais, mais je ne peux pourtant pas me forcer à ignorer l’évidence : sentir que ce qu’on a s’écoule et nous glisse irrémédiablement entre les doigts, sentir ça c’est horrible, ça crispe jusqu’aux bouts des poils d’insupportable souffrance.

 

Mais suis-je dans l’obligation de faire face à ça ? Tout s’écoule, il y a eu de très belles tentatives pour tenir l’éternel, mais heureusement les géomètres convainquent peu. Même notre image de dieu, même notre adoration change d’objet au gré des modes de notre cœur. Dieu comme mode. Non vraiment je ne peux pas échapper à ça : même le plus intime de nous change. Mais si je peux vivre, faire quelque chose sans y penser, comme on respire, ne puis-je pas éviter de penser à cette chose horrible mais réelle ? Vaste question, j’abandonne… ou mauvaise question peut-être...

 

Et pourtant on possède. Peut être peu de choses, peut être avec fragilité, mais on possède. Si ça s’écoule toujours, ça s’écoule pas toujours vite, et nous avons bien le temps de tirer profit des nourritures de notre terre, cette terre vers laquelle tout reviens mais d’où tout pars.  Nos mains ne sont pas vacantes, ni nos pensées sans objets et l’humanité a construit de beaux endroits pour s’y reposer. Là ou ailleurs on coule parfois de bons jours, arrosé par une pluie d’un soleil inaccessible…

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mercredi 31 mai 2006

Spinoza - ...je jouirais dans l’éternité d’une joie suprême et continue.

1. Postquam me experientia docuit, omnia, quae in communi vita frequenter occurrunt, vana et futilia esse ; cum viderem omnia, a quibus et quae timebam, nihil neque boni neque mali in se habere, nisi quatenus ab iis animus movebatur ; constitui tandem inquirere, an aliquid daretur, quod verum bonum et sui communicabile esset, et a quo solo rejectis ceteris omnibus animus afficeretur ; imo an aliquid daretur, quo invento et acquisito continua ac summa in aeternum fruerer laetitia.
Spinoza – Traité de la réforme de l’entendement

 

L'expérience m'ayant appris à reconnaître que tous les événements ordinaires de la vie commune sont choses vaines et futiles, et que tous les objets de nos craintes n'ont rien en soi de bon ni de mauvais et ne prennent ce caractère qu'autant que l'âme en est touchée, j'ai pris enfin la résolution de rechercher s'il existe un bien véritable et capable de se communiquer aux hommes, un bien qui puisse remplir seul l'âme tout entière, après qu'elle a rejeté tous les autres biens, en un mot, un bien qui donne à l'âme, quand elle le trouve et le possède, l'éternel et suprême bonheur.
Traduction Saisset

 

Lorsque l’expérience m’eut appris que tout ce qui arrive fréquemment dans la vie courante est vain et futile ; quand je vis qu’aucune des choses qui me rendait craintif ne contenait en soi rien de bon ni de mauvais, sinon dans la mesure où l’âme en était mue, je décidai enfin de chercher s’il n’y avais pas quelque choses qui fût un vrai bien, communicable par soi, et par lequel, un fois tous les autres rejetés, l’âme serait affectée ; bien plus, s’il n’y avait pas quelque choses dont, par la découverte et l’acquisition, je jouirais dans l’éternité d’une joie suprême et continue.
Traduction Scala


2006_05_31_Spinoza_Postquam_me_experientia_docuit_....doc

Sage, Spinoza n’attendais pas que ceci ou cela le rende heureux : le monde nous apporte pleins de choses à vivre. Nous sommes parfois heureux de ce que nous vivons, parfois malheureux. Mais toutes ces choses qui peuplent notre quotidien ne sont pas réellement bonnes ou mauvaises, car à la fin tout disparaît. Nous sommes donc ému par des événements qui n’ont pas de but, ni de conséquence importantes. Les craintes ne sont donc pas fondées : combien de fois, enfant, me suis-je effrayé d’un rien ? Combien ai-je ri de mes malheurs, me suis-je inquiété de plaisirs déjà disparus ? Et n’ai-je pas payer aussi d’attente angoissé le retour d’un aimé ? On a coutume de juger les événements en eux même, pourtant celui qui a perdu toute sa famille peut encore rire, tandis que des enfants gâtés se suicident par légions. Non vraiment il n’y a pas une chose dans cette vie qui puisse me rendre toujours heureux, ni toujours malheureux. Pas même la mort, qui n’est qu’un événement vite oublié et jamais senti.

 

Ce ne sont donc pas les choses qu’on vit, mais la manière dont nous les vivons qui décide si elles sont bonnes ou mauvaise pour nous.

 

Voici donc où je me trouve : je cherche la joie, le bonheur. Mais toutes les choses que j’ai rencontrées jusqu'à présent me semblent incapable de me donner un vrai bonheur. Pas un bonheur dont on ne paierait pas le prix par la peur de le perdre par exemple, pas un bonheur factice que j’aurais eu en sacrifiant tous les autres bonheurs, pas non plus un bonheur de chaire qui m’avilirais d’insatiété.  

 

Voici donc la résolution de Spinoza : cherche s’il existe un bien. UN vrai bien qui ne trompe pas, sans revers de médaille. Un bien communicable, qui pourrais se transmettre, se semer dans les hommes. Un bien accessible, pas une utopie. Un bien suffisant, il suffirais alors de rejeter définitivement toutes les autres sources de bonheur, dont on a vue qu’elle étaient surtout charlatanesques. En fait, un bien qui rende heureux, mais pas d’un vague bonheur, pas d’un bonheur endormi de paresseux, pas d’un plaisir violent et agressif. Non, un bien dont je pourrais jouir, un bien qui me procurerai une joie. Non, pas « Une joie », mais La Joie suprême, dont je jouirais toujours dans l’éternité.

Et à sa mort, il avait écrit l'Ethique, qui est sa tentative pour commmuniquer sa méthode pour être heureux.

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Montesquieu - Quoi ! Monsieur, dit le géomètre, il y a vingt ans que vous ne pensez pas ? Vous parlez pour les autres, et ils...

Quoi ! Monsieur, dit le géomètre, il y a vingt ans que vous ne pensez pas ? Vous parlez pour les autres, et ils pensent pour vous ?

 

Montesquieu - Lettres persanes


 

2006_05_31_Montesquieu_Quoi___Monsieur__dit_le_g_om_tre__il_y_a_vingt_ans_que_vous_ne_pensez_pas.doc

Un géomètre, qui ne parle que calcul et qui néglige d’écouter les autres, se bouscule dans la rue avec un traducteur. Celui-ci lui raconte qu’il vient de finir une traduction d’Horace sur laquelle il travaille depuis longtemps. Le géomètre se moque encore : traduire est une activité secondaire, car elle se réduit à reformuler, en moins bien, un texte qu’on n’a même pas écrit ni pensé.

Quelques instants plus tard, ils se séparent très mécontent l’un de l’autre : Ils n’ont pu se comprendre.

Mais il n’y a que peu des mathématiques à la traduction, les deux font appel à des mécanismes simples, parfois divertissant, mais rarement noble d’âme. Que dit le géomètre ? Des choses assez vraies dans l’ensemble. Mais qu’a-t-il pensé ? Que lui reste-il de ses petits jeu de savants ? Presque rien. Le géomètre n’a rien gagné à critiquer la traduction d’Horace, comme il n’a rien gagné à discuter des trajectoires de projectiles dans le passage précédent. Il paye par sa bêtise future son insolence présente.  Ainsi le géomètre fait comme le traducteur : il reproduit stupidement les formules mathématiques que d’autres avant lui ont découvert,  il popularise des petits savoir généralement inutiles car employés à mauvais escients, et instrumentalise la force de conviction des calculs pour faire des remarques désagréables sur la largeur des allées d’un autre. Non content de s’occuper l’esprit à tromper les autres par de péremptoires syllogismes, il en use pour décrédibiliser une activité pour des raisons semblables à celles qui le décrédibilise lui-même, sans voir ni la vanité de son propos, ni la belle vérité qui jailli pourtant là sous ses yeux : La grande certitude de ses petites vérités l’empêche d’entendre les importants messages de son cœur, qui pourtant le mécontentât pour le faire taire.

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Nietzsche - Maximes et Interludes

73 Celui qui atteint son idéal le dépasse par là même.

76 En temps de Paix, l’homme belliqueux tombe en proie à lui-même

78 Celui qui se méprise se prise tout de même de se mépriser.

106 La musique offre aux passions le moyen de jouir d’elles-mêmes

109 Bien souvent, le criminel n’est pas à la hauteur de son acte : il le diminue et le dénigre.

136 L’un cherche un homme qui l’aide à accoucher ses pensées, l’autre un homme qu’il puisse aider : ainsi naît un bon dialogue.

 

Nietzsche - Par delà bien et mal


Je ne vois qu’ajouter, sinon que je me sens bien nuisible à seléctionner ainsi, à sortir de cette grande oeuvre ces quelques vérités ludiques.

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vendredi 26 mai 2006

Pascal - C’est une chose horrible de sentir s’écouler tout ce qu’on possède.

Ecoulement – C’est une chose horrible de sentir s’écouler tout ce qu’on possède.

Pascal



Nous voudrions saisir, tenir, un objet, une amitié, un savoir même, ou un bonheur… mais tout ce qu’on a, tout ce sur quoi on a prise, chacune des choses qui sont à notre hauteur, ces choses là sont toute en train de disparaître. Entre nos doigts nos biens fuient, leur formes s’amollissent, les suivent leur propre chemin. C’est une chose horrible. Quel intérêt à l’horrible ? Nous ne pouvons même pas souhaiter pourvoir tenir l’infiniment solide, la perfection nous regarde dans notre misère avec son compatissent sourire de bienheureuse…

Mais qu’est-ce qui est horrible ? Que les choses disparaissent ? S’écoulent, se transforment ? Que cela atteigne aussi ce qu’on possède ? Non, ce qui est horrible, c’est de sentir s’écouler. La sensation est horrible, mais pas forcement la chose en elle-même. Nous ne parvenons pas à maîtriser notre ressenti, nous ne pouvons pas faire grand-chose pour nous éviter l’horreur de sentir l’écoulement de tout ce qu’on possède. Ce n’est pourtant une raison pour ne rien faire, ni une raison pour se laisser accabler pas l’horreur : Nul ne nie qu’il faille du courage pour bien vivre.

Posté par jeanjulien à 19:50 - Commentaires [0] - Permalien [#]