Le mot de MOI dont l'auteur se sert dans la pensée suivante, ne signifie que l'amour propre. C'est un terme dont il avait accoutumé de se servir avec quelques uns de ses amis. [Note de l’Editeur.]

[§] Le moi est haïssable. Ainsi ceux qui ne l'ôtent pas, et qui se contentent seulement de le couvrir, sont toujours haïssables. Point du tout, direz vous ; car en agissant [271] comme nous faisons obligeamment pour tout le monde, on n'a pas sujet de nous haïr. Cela est vrai, si on ne haïssait dans le moi que le déplaisir qui nous en revient. Mais si je le hais, parce qu'il est injuste, et qu'il se fait centre de tout, je le haïrai toujours. En un mot le moi a deux qualités ; il est injuste en soi, en ce qu'il se fait le centre de tout ; il est incommode aux autres, en ce qu'il le veut asservir ; car chaque moi est l'ennemi, et voudrait être le tyran de tous les autres. Vous en ôtez l'incommodité, mais non pas l'injustice ; et ainsi vous ne le rendez pas aimable à ceux qui en haïssent l'injustice : vous ne le rendez aimable qu'aux injustes, qui n'y trouvent plus leur ennemi ; et ainsi vous demeurez injuste, et ne pouvez plaire qu'aux injustes.

 

Autre texte :

 Le Moi est haïssable : vous, Mitton, le couvrez, vous ne l’ôtez point pour cela ; vous êtes donc toujours haïssable – Point, car en agissant, comme nous faisons, obligeamment pour tout le monde, on n’a plus sujet de nous haïr – Cela est vrai, si on ne haïssait dans le moi que le déplaisir qui nous en revient.

 Mais si je le hais parce qu’il est injuste, qu’il se fait centre de tout, je le haïrai toujours.

 En un mot, le moi a deux qualités : il est injuste en soi, en ce qu’il se fait le centre de tout ; il est incommode aux autres, en ce qu’il veut les asservir : car chaque moi est l’ennemi et voudrait être le tyran de tous les autres. Vous en ôtez l’incommodité, mais non pas l’injustice.

 Et ainsi vous le ne le rendez pas aimable à ceux qui en haïssent l’injustice : vous ne le rendez aimable qu’aux injustes, qui n’y trouvent plus leur ennemi, et ainsi vous demeurez injuste et ne pouvez plaire qu’aux justes.

Pascal – Pensées (cfl 451, Ro 75, Co 350, Br 455, La 141)


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Le moi, c’est le symbole de l‘amour propre, il est à rapprocher de « mien ».C’est le mien de la publicité qui « mon produit est mieux », c’est le mien de la vantardise. Ce qui est attaqué ici, c’est moins la personne que l’égoïsme, c'est-à-dire le fait de se considérer comme un élément particulier, ayant des pensées originales, des capacité peu ordinaire. Bref, ce n’est pas le fait d’être un moi, mais de regarder son moi en l’aimant ou en voulant l’aimer.

L’attitude des gens égoïstes est désagréable pour les autres, et à cause de cela ou fuit souvent les égoïstes.

Il suffirait peut-être d’avoir la politesse d’être gentil, de faire attention aux autres, de se forcer à tenir compte de leur existence. Non. Car ce n’est pas la conséquence de l’égoïsme qui est haïssable, immorale, c’est la cause. Un homme qui est gentil pour ne pas se faire d’ennemi est encore haïssable, et on appelle cela un hypocrite.

Bien sûr, un homme honnête, bon bourgeois comme Mitton auquel répond pascal, dira qu’il n’est pas vraiment hypocrite, qu’il est simplement un commerçant poli, que cela n’a rien de condamnable puisque les gens continuent de venir et d’être satisfait de lui. Un commerçant n’est pas hypocrite quand il est aimable avec son client, car c’est avec plaisir qu’il fait son métier et se fait aimer et respecter de sa clientèle.

Mais on peut bien être égoïste sans que cela se voit, égoïste au fond de nous. Plus encore, l’égoïste veut être aimé, et pour cela il prend vite l’apparence de la générosité.

L’amour propre est haïssable car il est injuste. Qui s’aime vraiment aime aussi ses parents qui lui ont donné vie, son peuple qui lui donne son langage, sa cultures, ses outils de l’intelligences, qui lui donne la sécurité pour vivre, il aime aussi la terre qui le nourri et l’univers qu’il habite.

Plus loin, pascal signal qu’on ne devrai pas dire mon livre, mais notre livre. En effet, qu’a fait l’homme qui a écrits ? il a utilisé des comportement et des personnalité qu’il a vu et qu’on lui a décrit pour faire ses personnages, il a repris pour son intrigue des façon de faire d’autres auteurs, pour ses tournures de phrases il a encore plagié un peu ses auteurs préféré.. certes il a fait quelque chose dans ce livre, mais cela n’est pas important, pas plus important que ce qu’il a repris aux autres auteurs.

Ainsi l’auteur a tord de dire « Mon livre », il devrais dire « notre livre », car sinon il ment en faisant comme si il était seul à l’origine des idées et des mots qu’il utilise.

Chaque moi est l’ennemi de tout les autres. Il ne suffit pas de cacher notre volonté d’être un tyran, il ne suffit pas non plus de la cacher à nos propres yeux, de la niée en faisant toutes le politesses et en donnant régulièrement à telle œuvre « caritative ».  En faisant cela on donnera l’illusion d’être juste.

Mais comme le moi est fondamentalement injuste, il n’y a pas d’autres solution que de le haïr. Sinon l’injustice reviendra, toujours. Il ne suffit pas de faire comme si, il faut haïr préventivement en quelque sorte, non pas se haïr, mais de ne s’aime que comme une partie du monde qu’on aime.

Il faut, par amour du juste, haïr l’injustice qu’il y a à se croire un être particulièrement digne d’être aimé, car c’est faux.