LA distance infinie des corps aux esprits figure la distance infiniment plus infinie des esprits à la charité, car elle est surnaturelle.

 

 

 

Pascal - pensées


2006_06_29_Pascal_LA_distance_infinie_des_corps_aux_esprits_figure_la_distance_infiniment_plus_infinie_des_esprits___la_charit___car_elle_est_surnaturelle..doc

 

Nous voyons bien notre main, elle est juste là au bout de mon bras, je la sens, et avec elle je sens maintenant le clavier. Je sais où le pose mes doigts et même si je sais pas le dire, je sais où comment elle est, ce qu’elle est, non ? Non. Je ne sais presque rien sur ma main. Rien de plus que quelques sensations éparses, dont certaines ne viennent même pas de ma main, comme le bruit des touches.

 

Les volontés, les sentiments, les sensations qui agissent en moi sont encore des façons de comprendre mon corps, car c’est bien mon corps qui s’agite ou s’apaise, c’est bien de mes yeux que je voie, et même mes rêves, dans lesquels souvent mon corps s’illusionne en créateur stupéfiant, mêmes dans mes rêves c’est encore par mon corps que le théâtre se joue.

 

 

 

Mais on est déjà passé dans l’esprit. Et l’esprit connais des astuces et des tours de magie que ne nous explique pas le corps. Parce que même si je ne comprend pas toujours la personne qui est en face de moi, je sais bien que parfois, nous parlons à peu près de la même chose : où est cette chose ? dans ma tête ? dans la siennes ? il y aurait deux choses ? et quand je parle par exemple de ce « i », il est où ? sous vos yeux ? sous les miens ?

 

C’est un peu comme une machine à penser à « i », en écrivant, je fabrique le début d’une petite machine automatique qui va faire penser « i » tout les gens qui liront « i ». C’est un pouvoir minuscule, instable et vain. Mais c’est un pouvoir parce que je le comprends avec mon esprit. Si je devais expliquer, calculer, connaître exactement le mouvement que font les neurones de mon lecteur pour commencer à écrire, je n’aurais pas fini.

 

C’est par l’esprit que je vois combien je peux sortir de mon corps, comme le footballeur ne pense pas à son pied mais au ballon vers le but. Et quand j’entend les vielles histoires, qu’on me parle des hommes, je vois bien que nous somme parfois capable, par la simple synchronisation de la bouche et de l’oreille, de regarder en même temps avec chacun ses yeux de l’esprit vers le même endroit, un endroit qui n’était pas sous nos yeux.

 

 

 

Et voila, cette distance, qui n’est pas seulement celle jusqu’à l’horizon, ma la distance jusqu’ à derrière le étoiles, le grand mur sombre. C’est pourquoi l’homme regarde les étoiles, qui sont alors sont seul refuge à un esprit égaré dans l’espace. C’est parce qu’il y a des abîmes dans lequel l’homme se perd, que l’homme gagne à la charité, c’est-à-dire l’amour.

 

 

 

Ma main a parfois besoin de mes yeux pour voir où elle va, et entre mes yeux et ma mains, il y a parfois mon esprit, que je me souviendrai presque avoir entendu me murmurer des mots assez semblable à ceux que j’écrit maintenant. Une mains sans âme, sans mobile, sans mouvement, c’est une mains morte, qui semblable à la mains endormie, qui surveille encore et le réveillera peut-être si je la touche.

 

C’est par mon âme que ma mains à une réel importance pour « moi ». Mais c’est quoi « moi » ?

 

 Ma main, si on l’écoutais, aurais peut-être l‘orgueil un instant de dire « je suis, moi, une main. » Ce serait sympathique, mais un peu ridicule. La main aurait moins tord de dire : je suis la mains de jean. Comment ma main trouve-t-elle dans le sang les choses qui la nourrissent ? En rendant service au cœur et à l’estomac, sous la direction d’une sorte de gouvernement vivement agité, le gouvernement de notre esprit, où siège l’esprit logique, les réflexes posturaux, et des délégué sensations représentant les muscles. Et tous écoutent et prennent, plus ou moins en accord leurs dispositions.  

 

 

 

Le corps sans souffle est presque mort. Le corps sans esprit est mort. L’esprit sans amour n’existe pas. Il y a des difficultés à aimer, comme il y en a à vivre et à respirer. Mais l’amour, c'est-à-dire se sentir comme participant à un corps supérieur à nous, dont nous ne somme que les mains, un corps auquel nous pouvons être utile, et à qui nous pouvons nuire.

 

 

 

C’est pourquoi, me semble-t-il l’amour uni encore plus fortement l’esprit à l'esprit que l’esprit uni ma main à ma faim et à mon ventre. D’une façon d’autant plus rare et difficile. La plupart des choses référence dans l’espace matériel ne sont même pas des atomes. Rares est la vie, plus rare et plus supérieur encore, la vie consciente, et infiniment plus difficile et enviable : l’amour.

 

 

 

Pour pascal, c’est l’eucharistie vécu, « eu » comme bon, bien, réussi ; Charistie, comme amour. C’est l’union dans le corps spirituel du christ, le corps dont ne sommes que les humbles organes et la vivante « matière ».C’est la charité, et la charité est surnaturelle.